Quand on parle de continuité des affaires, on pense d'abord aux rançongiciels. Pourtant, chez nos clients, les interruptions les plus fréquentes ont des causes bien plus banales : une panne d'électricité de plusieurs heures après une tempête, un dégât d'eau dans le local technique, un commutateur qui grille un lundi matin. Au Québec, les épisodes de vent et de verglas de l'automne et de l'hiver mettent chaque année ces scénarios à l'épreuve.
Deux chiffres à fixer avant tout
Un plan de relève commence par deux décisions d'affaires, pas techniques :
- RTO (durée maximale d'interruption) — Combien de temps votre entreprise peut-elle fonctionner sans un système donné ? Quatre heures pour la facturation ? Une journée pour l'intranet ?
- RPO (perte de données acceptable) — Combien de travail pouvez-vous perdre ? Si la réponse est « une heure », une sauvegarde nocturne ne suffit pas.
Ces deux chiffres déterminent le budget. Exiger zéro interruption sur tout coûte très cher ; le définir système par système permet de protéger d'abord ce qui fait rentrer l'argent.
Les points faibles que nous trouvons le plus souvent
- Une onduleuse (UPS) aux batteries épuisées — Elle affiche encore un voyant vert, mais tiendrait moins de deux minutes. Les batteries se remplacent généralement tous les 3 à 5 ans.
- Aucun arrêt automatique des serveurs — Quand l'onduleuse se vide, les serveurs s'éteignent brutalement, avec un risque de corruption des données.
- Un seul lien Internet — Si la fibre est coupée, téléphonie IP, Microsoft 365 et accès à distance tombent ensemble. Un lien de secours cellulaire coûte peu et se bascule automatiquement.
- Des sauvegardes au même endroit que les serveurs — Un dégât d'eau ou un incendie détruit les deux en même temps.
- Un plan qui n'existe que dans la tête d'une personne — Et cette personne est en vacances le jour de la panne.
Un plan utile tient en quelques pages
Inutile de produire un classeur de 80 pages que personne ne lira. Un bon plan de relève répond à quatre questions : qui décide de déclencher le plan, qui appeler (avec les numéros, imprimés), dans quel ordre redémarrer les systèmes et où travailler si les locaux sont inaccessibles. Gardez-en une copie hors de votre réseau : un plan stocké uniquement sur le serveur en panne ne sert à rien.
Le test, c'est le plan
Un plan jamais testé est une hypothèse. Une fois par année, simulez un scénario réaliste : restaurez un serveur à partir des sauvegardes hors site, basculez sur le lien Internet de secours, faites travailler une équipe à distance pendant une demi-journée. Chaque test révèle un détail oublié — un mot de passe introuvable, une licence liée à l'ancien matériel — qu'il vaut mieux découvrir un mardi calme qu'en pleine crise.